• Ton travail est juste magnifique. Ton art optique ou… hypnotique (c’est selon) est pour le moins transcendant. Comme tes autres travaux, la lecture de cette oeuvre est complexe, multi-directionnelle et intemporelle.                                                                                                 Je crois comprendre pourquoi cela fait des décennies que tu t’accroches au Op’Art; les découvertes s’agissant des effets et donc des messages qu’une oeuvre est susceptible de faire passer, sont infinis. Le Op’Art drague et joue avec le mouvement perpétuel, la relativité et l’espace du temps.                                                                                    Marc
  • English version:                                                                                                                     Your work is just beautiful. Your optic art are hypnotic (that is according to) is at least transcendent. Like your other works, the reading of this work is complex, multi-directional and timeless. I understand why you’ve been clinging to Op Art for decades; The discoveries concerning the effects and therefore the messages which a work is capable of conveying are infinite. The op’ art dredges and plays with the perpetual motion, the relativity and the space-time.

Sous ses formes contemporaines, l’art optique a un peu plus de 50 ans. Parmi ses pionniers, Youri Messen-Jaschin a développé son Op Art à tel point qu’il se penche depuis quelques années sur les incidences des illusions d’optique sur le cerveau humain. En étroite collaboration avec le CHUV, son laboratoire de neuro-imagerie et plusieurs chercheurs, l’Op Art est parti pour fusionner avec la recherche scientifique.

En pénétrant au 9e étage de la Tour de Valmont où Youri Messen-Jaschin a à la fois son appartement, son atelier et sa galerie, l’amateur d’art passe en une fraction de seconde de la froide et aseptisée cage d’escaliers sur une autre planète, celle de l’univers cosmographique et protéiforme du propriétaire des lieux. Une caverne d’Ali Baba féérique où se côtoient à la fois les sources d’inspiration, les réalisations – nombreuses et diverses, il faut avoir l’œil ! –, des références aux projets précédents, et les nouvelles technologies de la communication contemporaine.

Outre les tableaux souvent monumentaux, on repère un flipper d’époque, le texte manuscrit sous verre de « Je t’aime moi non plus » de Gainsbourg, des affichettes de journaux, une bibliothèque chargée à craquer de vinyles, on rencontre une perceuse et des disques durs d’ordinateurs traînant  par-là en compagnie de boîtes de pinceaux, d’une imprimante, de haut-parleurs, d’une pile de polycopiés et même d’une authentique pompe à essence années 60… Avis aux amateurs d’intérieurs bien ordonnés : au cœur d’une telle jungle, le vertige, à tout le moins la désorientation sont garantis. Le capharnaüm de Youri Messen-Jaschin, kaléidoscopique et génial, est aussi multiple qu’imprévisible, pétri d’inspirations et d’idées créatives inimaginables avant d’y être allé, à des années lumières des processus de formatage qui commandent notre société.

Dans le salon d’autrefois transformé en galerie d’exposition, ses œuvres sont au coude à coude, tant la pièce en est saturée.  Des œuvres sur toile, sur bois, en sérigraphie, sur plexiglas ou sur verre, certaines incrustées de néons ou d’affichages alphanumériques, se reflétant dans un socle-miroir, avec ou sans éclairage,… Une table ancienne, un canapé et deux fauteuils décatis en sont réduits à la portion congrue. C’est là le cœur de l’Op Art visible de Youri, en 2 ou en 3 dimensions, où se vivent l’approche comme les découvertes de ce que les illusions d’optique sont en mesure de nous faire voir – jusqu’à découvrir la 4e dimension et, un jour peut-être, la 5e. Pour s’en faire une idée, une visite dans l’atelier de l’artiste s’impose *.

Après ses études artistiques à Paris de 1958 à 1962 – Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts et Ecole pratique des hautes études de la Sorbonne – Youri Messen-Jaschin s’est découvert une passion pour l’Op Art, alors qu’il séjournait à Göteborg, en 1967. Il y effectuait des recherches d’objets cinétiques textiles à l’Université de de la Högskolan för design & konsthantverk. A l’occasion d’une exposition au Musée d’Art Moderne, il rencontre Jesús-Rafael Soto, Carlos Cruz-Diez et Julio Le Parc, précurseurs dans ce domaine. Les perspectives de l’Op Art le fascinent d’emblée et Jesús-Rafael Soto lui fait part de ses expériences et conseils. Ses premières recherches eurent un important retentissement en Scandinavie.

On trouve les premières traces d’art cinétique, ou Op Art, dans les années 1910. Mais c’est à Zurich à partir des années 1960 que l’art cinétique prend véritablement son essor. Dans certaines œuvres, le mouvement est obtenu par un moteur, par le vent ou par le spectateur lui-même. Le principe de base de l’art cinétique repose sur les illusions d’optique. Parmi les plus célèbres, on connaît celle de la canne qui regarde à gauche, mais qui est en même temps un lapin qui regarde à droite, la cascade d’Escher, le triangle de Penrose, la grille d’Hermann ou encore le cube de Necker. Toutes ces illusions d’optique ne sont en fait que des « erreurs » d’interprétation qui s’expliquent de la façon suivante : l’œil (qui n’est en fait qu’un capteur) transmet des signaux au cerveau, lequel les réorganise (en commençant par les mettre à l’endroit, car normalement, comme l’œil est construit, on devrait voir « à l’envers » !), les complète et les ajuste. Il y a donc en permanence une certaine interprétation de la réalité brute par nos neurones.

Les artistes utilisent le contraste entre le noir et le blanc, mais aussi les moirages obtenus par la superposition décalée de réseaux (trames) ou de lignes noires et blanches, puis de lignes colorées. Ces effets, captés par l’œil puis interprétés par le cerveau qui nous en donne la perception, procurent l’illusion de percevoir un mouvement, une vibration, ou de voir apparaître des couleurs alors que l’œuvre n’est « qu’en » noir, gris et blanc.

Youri Messen-Jaschin n’a pas cessé de se passionner pour cette forme d’art et l’a développé à ce point qu’il produit aujourd’hui des œuvres étonnantes, pour ne pas dire stupéfiantes (sérigraphies, « sculptures » ou « installations »). Aujourd’hui, ses œuvres se trouvent dans de nombreux musées et collections aussi bien en Suisse qu’à l’étranger. Le principe de base est toujours le même : en jouant avec les formes et les couleurs, il produit ces fameuses illusions d’optique, soient-elles des mouvements, des vibrations ou des apparitions de couleurs. En poussant ses illusions d’optique toujours plus loin., Youri Messen-Jaschin a observé que certaines personnes étaient prises de vertige, d’autres étaient au bord de la nausée, alors que d’autres encore ne percevaient rien de spécial. Il s’est alors dit qu’il y avait certainement de quoi faire des recherches, pour comprendre la formation et le déroulement de ces perturbations, variables par ailleurs d’un individu à l’autre.

Il s’approche du laboratoire des neurosciences du CHUV, mais les portes restent invariablement closes. L’Op Art ne semble pas intéresser spontanément le corps médical. Après plusieurs tentatives dans le vaste monde du CHUV, Youri Messen-Jaschin finit par faire la connaissance de Bogdan Draganski, chercheur et directeur du laboratoire de neuro-imagerie. Il est tout de suite captivé par sa proposition et un comité de médecin appuie la démarche. C’est ainsi que le projet Brain Project est fondé en 2013, sous la forme d’une association sans but lucratif.

L’objectif de Brain Project ** est de comprendre comment le cerveau des personnes réagit lorsqu’elles sont confrontées à des œuvres d’Op Art, en recourant pour ce faire à l’imagerie par résonnance magnétique (IRM). On prend un candidat, on l’installe dans le tunnel de l’IRM, et là, il va voir défiler toute une série d’œuvres de Youri. Au moyen de boutons poussoirs, il pourra communiquer ses impressions aux chercheurs situés de l’autre côté de la vitre, au pupitre de commande de l’IRM. L’ « examen » est complété par une discussion et dure env. 90 minutes. Depuis son lancement, d’autres universités, notamment celle de Zurich, se sont associées au projet.

Chaque image, ou carte, produite par l’IRM est analysée. Associée au projet,  Sigita Venclove,  une chercheuse de l’Université de Vilnius (Lituanie), les décortique et les compare entre les différents candidats – ce qui demande autant de patience que de compétences. Actuellement, les recherches sont en cours mais laissent déjà entrevoir des découvertes exceptionnelles.

En utilisant les procédés du champ de la psychologie cognitive, les acteurs de Brain Project veulent étudier l’impact et les interactions entre l’Op Art et le cerveau humain. Leur but est ainsi de démontrer l’impact généré par une image spécifique à fort contraste visuel sur les réseaux vestibulaires, limbiques et cognitifs du spectateur.

Poussant le résonnement à l’extrême, Youri Messen-Jaschin se dit que, pourquoi pas, l’Op Art, s’il a de tels effets sur le cerveau, pourrait peut-être contribuer à soulager de certaines maladies, voire de les guérir. A suivre, les recherches scientifiques sont en cours. Elles devraient livrer leurs premiers résultats en 2018.

  • ** Participer à Brain Project
  • dimanche 11 juin 2017 (9.30 h / 10.30 h / 11.30 h). Inscription obligatoire sur  https://opartmeetsneurosciences.wordpress.com/     
  • Son atelier peut-être visité tout au cours de l’année, il faut juste remplir le formulaire ci-dessous pour prendre rendez-vous…   His workshop can be visited throughout the year, just fill out the form below to make an appointment …

This color, that the artist loves so much – and which is incidentally the basis of his work, plus movement – still doesn’t make an entertainer. Quite the contrary. When he is in front of a canvas or a sculpture project, it’s serious: “I am very meticulous and picky.” It is a guarantee of quality in his work. Besides, he immediately clarifies, “I am and have to be very quiet because if I paint a straight line, it must be perfect and not curved.” In days of old, the designation “Master” was reserved for a painter who succeeded in drawing a perfect circle freehand. In that respect, this designation is well deserved since, in addition, it allows him to control … the square!

Color: he always studied it in the various art schools he attended. “For me, color plays an important role, especially in optical art because the basic colors are always set in opposition to each other. And it is precisely by their confrontation that we obtain optical movement of the work. Op Art is certainly created with geometry, but mainly by color. By playing with it, you arrive in a third dimension.”
Chance or necessity, this colorful life spent in Op Art? Pure chance, he says without blinking. At the end of the 1960s. I was in Göteborg, at the Högskolan för Design & Konsthandwerk. In this city, an exhibition of kinetic art was held and attended by the Venezuelans Jesús Soto (now deceased), Carlos Cruz-Diez and the Argentine Julio Le Parc. Undecided, I was still hesitating between the abstract way – that didn’t bring me much – and the figurative. But visiting this exhibition, I immediately knew I was going to do this all my life. I then approached Soto who taught me some “stuff” in a fortnight. Then, I continued my research in my Swedish workshop while regularly submitting my sketches and drawings. After six months, he told me that I could start. I now was convinced that Op Art was the future of art. ” Create movement with  color”    had thus become a necessity.
In the apartment at Valmont, in Lausanne, where he has lived and created since 1984, the numerous paintings completed or in progress wait for the visitor who, in turn, sets them in motion. Provided he comes in head on, his eyes carefully take in the image and his brain.
Perceives the illusion. Once experienced, they’re impossible to resist, even if some of them have a destabilizing power. They make us see every color. This is living art, interactive and, as a supreme pleasure, totally dependent on one’s mood. I particularly like Youri’s work because his art is incapable of being frigid. Each encounter is likely to cause new enjoyment(s). A sacred slap in a figurative sense, where the final word is spoken at the first contact. Fortunately, Sweden made him give up taking the path of least resistance.
I still have to emphasize that this artistic choice, from the start, has brought luck to Youri Messen-Jaschin who makes a living out of his creativity – only unique pieces! – thanks to the passion and loyalty of collectors on five continents. Some have followed him from the beginning and others do not hesitate to come and see him in action all the way from Japan. The mention of this success colors him satisfied.
A reputation earned and recognized on the “Culture” pages of the first issue of L’Hebdo of… September 11, 1981!
We’ll certainly hear more about this gentleman. Especially with his new passion for amazing sculptures in Glass and Plexiglas – and colorful as it must be – with decidedly hypnotic powers. So next time you see this original character in the street, don’t hesitate to ask him to sign the photograph you have taken of him rather than let it get covered with dust.

Laurent Delaloye
contemporary art critic

Bibliography
Op art meets the neuroscience

RTS | night news of the Swiss television report “Brain project and Op art by Youri Messen-Jaschin”” 7.30 pm
A team from Lausanne University Hospital, laboratory of Neuroscience has joined an artist to understand the possibly to treat some psychiatric disorders with the Op art.

What you do not see in the video is the 3 dimension.
The camera can not yet captured this dimension, certainly in the future, not today.
Perpetuum Mobile VII
Op art
77 x 77 cm
available – price on request
Plexiglas and Oil painting
© 2016 | Youri Messen-Jaschin |
Video: 2016 | © Pierre-Michel Delessert ] Youri Messen-Jaschin
® 2016 | Prolitteris | 8033 Zurich |
Youri Messen-Jaschin Portofolio
Wikipedia
Bibliography

Youri Messen-Jaschin new screenprinting Artifact I

IMG_1283

3D effects can not be perceived by the photo objective, you have to see the original to discover all effects, red is metallic..
Screenprinting
Artifact I
2016
1/15 prints
Print 69 x 69,5 cm
Mirriboard Paper 365 gm2
available – price on request
© 2016 photography | Pierre-Michel Delessert| Switzerland
® Prolitteris Universitaetstrasse 100 CH. 8033 Zurich Switzerland
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Collector’s comment:
USA: Youri, Your work is absolutely brilliant! What fantastic colors, and design.
You are aways so innovative and ahead of the curve.
John

Blue I | 2013 |
Paper: 101,5 x 71,5 cm
Print: 68 x 68 cm

Paper Lessebo Bright 400 g/m2
screenprinting 1/15 | available: 5 print’s |
available – price on request
Publication Television :
RTS | Swiss Television | Night News 7.30 pm | 15.08.2016 |
Published Book :
2009 Visarte Vaud Editor Jean Genoud SA Switzerland
2009 The Fascination of Technology – Faszination Technik What moves us – Was uns Bewegt Edition OSB Olympische Sport Bibliothek Cloppenburg Germany
2010 Swiss Philatelic Post
Museum collection …
2013 Tokyo Metropolitan Art Museum Japan.
2013 Sakima Art Museum Préfecture d’Okinawa, Japan.
Exhibition
2013 Tokyo Metropolitan Art Museum Japan.
© Youri Messen-Jaschin
® ProLitteris 8033 Zurich
Youri Messen-Jaschin Portofolio
Wikipedia
Bibliography